L’étude sur les sorties sans qualification

(actualisé le )

En juillet 2007, Madame Anne-Marie Bardi (correspondante académique de l’Inspection Générale) et Marie-Françoise Choisnard ont publié les résultats d’une étude portant sur les élèves qui sortent du système scolaire sans qualification. Les remarques qui suivent, extraites de cette étude, éclairent la situation de l’académie en ce domaine.

a. Des difficultés en maîtrise de la langue dès l’école primaire et qui s’accentuent au collège.

Les difficultés de ces élèves apparaissent dès l’école primaire et se renforcent au long des années de collège lorsque l’hétérogénéité n’est pas bien gérée. Les plus faibles s’installent dans une spirale d’échec. La maîtrise de la langue est pour beaucoup le premier et le plus grave écueil et cette difficulté n’est pas réservée aux élèves non francophones.

b. Pour les épreuves de Français au Diplôme National de Brevet, 16,5% des élèves de l’académie présents à l’examen ont une note inférieure à 5/20.

L’académie ne dispose pas des remontées individuelles des élèves aux évaluations à l’entrée en 6ème et elle ne peut pas, par conséquent, évaluer précisément le nombre d’élèves en très grandes difficultés langagières. Néanmoins, en fin de troisième, les élèves les plus faibles ne se présentent pas au brevet. En outre, parmi ceux qui ont composé à l’épreuve écrite de Français en 2006, on a pu compter 8790 élèves ayant une note inférieure à 5, soit 16,4% des présents. Dans les 40 collèges ayant les pourcentages les plus élevés d’élèves ayant moins de 5 à cette épreuve, les taux s’échelonnent de 30,4 % à 62 %. Dans 40 collèges de l’académie, il y a donc plus d’un tiers et parfois plus de la moitié des élèves qui ont une note inférieure à 5 à l’écrit du brevet en Français. Leur poursuite d’étude est certainement gravement compromise.

c. Neuf cents jeunes Français scolarisés dans l’académie ont été signalés aux Inspections Académiques pour leurs grandes difficultés de lecture auxquels s’ajoutent les jeunes étrangers qui ne passent pas les tests des JAPD

En outre, les tests au JAPD dans l’Académie pour les élèves français de 17 à 19 ans, font apparaître que le pourcentage de jeunes Français en difficulté se situe dans la moyenne nationale de 10 à 12 %. S’y ajoute sans doute une part des 5 à 6 % de jeunes étrangers non convoqués au JAPD. L’an dernier, environ 900 jeunes français scolarisés dans l’académie ont été signalés aux Inspections Académiques.

d. Une « dernière » chance pour ces jeunes menacés d’illettrisme : la formation en LP ou en CFA pour une meilleure maîtrise de la langue.

La maîtrise de la langue relève de la scolarité obligatoire et le LP peut encore s’efforcer d’obtenir une meilleure maîtrise de la langue orale et écrite. Cela nécessite des savoir-faire spécifiques de la part des équipes enseignantes qui doivent identifier des acquis, même fragiles et s’appuyer sur ceux-ci pour construire de nouvelles compétences.