Le test de positionnement La principale nouveauté pour la rentrée 2018.

Dans la continuité des réformes du baccalauréat général et technologique et de l’enseignement professionnel annoncé par le ministre Jean-Michel Blanquer respectivement le 14 février 2018 et le 28 mai 2018, un test national de positionnement en français et en mathématiques sera proposé à l’ensemble des élèves de secondes générales, professionnelles et technologiques.

Dans la voie professionnelle, un test d’entrée n’a rien de nouveau. Il était couramment utilisé dans les années 2000 et ce jusqu’au début des années 2010. Pour les enseignants comme pour les élèves, ce test d’entrée présentait plusieurs inconvénients : surcharge de travail d’un coté (passation et correction), renvoi d’une image dégradée de l’autre, manque d’utilité pour les deux.

A l’instar des efforts de communication du ministère (infographies lisibles et attractives {}cf pièce jointe), ce test sera numérique. Nous ne pouvons qu’espérer que sa charte graphique, en plus de son mode de passation, lui donne un aspect ludique et plus proche des habitudes de nos élèves. De plus, sa correction sera automatisée. Voici donc un frein de levé. Le mode de passation n’est pas sans soulever d’autres interrogations, notamment quant à son opérationnalité, tant l’équipement informatique des établissements est hétérogène. En conscience, les préconisations données aux chefs d’établissements incitent chaque EPLE à désigner un coordinateur, un accompagnant numérique et un administrateur de test. Ainsi chaque établissement se dotera des ressources humaines nécessaires au bon déroulement de ces tests par l’adaptation aux contraintes locales.

Un collègue de mathématiques et de sciences physiques de l’Essone (merci à lui !)a pris le temps de présenter, fin Juin, à ses élèves de seconde professionnelle les grandes lignes de la réforme dont le test de positionnement. Et je vous fais partager ici ce retour rempli de sincérité et de bon sens. Ils trouvent l’idée affreuse ! Les remettre face à leur difficultés dès leur arrivée au lycée (le test doit être passé dans les deux premières semaines de septembre) après deux mois de vacances durant lesquels ils auront tout oublier, ..., sauf leurs difficultés, leur fait horreur ! Paradoxalement, ils apprécient la perspective de pouvoir montrer aux enseignants où sont leurs difficultés pour pouvoir y remédier mais cela est peut-être dû à la maturité acquise lors de cette première année de lycée professionnel. Ils s’inquiètent que les résultats soient communiqués et que cela contribue à les rabaisser en comparant leurs résultats à ceux du lycée général. Ils ne veulent plus subir l’image désastreuse que d’autres véhiculent à leur endroit.
Cette image est injuste et ils en apportent la preuve en proposant des solutions :

  • ne pas l’appeler test, évaluation ou contrôle ;
  • le présenter comme un jeu, une activité ;
  • le présenter véritablement comme un repérage de besoins et pas de difficultés ;
  • qu’il soit non noté, il doit être évalué mais sans résultat chiffré ;
  • ils espèrent qu’il soit sous format numérique.

Sur le premier et les deux derniers points, les enseignants n’auront pas la main. Mais cet échange est riche d’enseignement et peut nous permettre de mieux aborder ce nouveau passage à la rentrée.

Afin que ce test de positionnement leurs soit utile, il conviendra, à la lecture de leurs ressentis, de penser l’approche et la présentation de ce ... test. En effet pour que les élèves en difficultés s’y investissent afin qu’ils puissent, au cours de l’année, en tirer quelque chose, il conviendra d’être précautionneux et d’annihiler l’effet anxiogène d’une telle situation évaluative.
Nous pouvons penser à le présenter comme un repérage de besoins afin d’organiser les dispositifs d’accompagnement personnalisé tout en prenant le soin de préciser que les plus "forts" ne seront pas exempts d’accompagnement pour se prémunir de tout sentiment d’injustice d’un côté comme de l’autre.
Nous pouvons également envisager initier une co-éducation par les pairs pour dédramatiser la passation même si cela demande un travail en amont. En effet cette modalité présente à minima deux avantages, celui de la non remise en cause de la véracité du discours, l’enseignant en début d’année est trop souvent soupçonné d’être un manipulateur et celui du tissage de liens entre les élèves ayant compris l’esprit et les enjeux du lycée. Ces deux pistes auraient le mérite de rendre ce test de positionnement plus vertueux.

Dans cette optique, le ministère a décalé la passation de ce test de la première quinzaine à la deuxième du mois de septembre, permettant aux établissements et aux enseignants de subvenir au foisonnement de tâches inhérentes à la rentrée scolaire et aux élèves de reprendre pied dans le monde scolaire, évitant ainsi de les prendre au débotté après la coupure estivale. Ainsi élèves, enseignants et établissements seront à même de faire de ce test un levier de progrès.

De plus il semble bien que le voeu de ces élèves de secondes professionnelles soit exaucé : le test n’aboutit pas sur une note mais sur un positionnement sur un graphique ainsi qu’un niveau de maitrise identique à celui du collège. Ces résultats seront à la fois disponibles pour chacun des élèves mais aussi par classe. Nous disposerons donc d’un diagnostic visant à pallier les besoins en français et en mathématiques ainsi qu’à renforcer les acquis.

Nous pouvons également envisager une communication envers les familles à fin de renforcer les liens favorisant une co-éducation favorable à la réussite de nos élèves.

Liens utiles :
Test de positionnement en début de seconde :
http://eduscol.education.fr/cid132886/tests-de-positionnement-de-debut-de-seconde-des-outils-pour-les-enseignants.html
Diaporama de présentation des tests :
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/seconde/13/5/Presentation_Test_Seconde_992135.ppt
Modules pour l’accompagnement personnalisé :
http://eduscol.education.fr/cid60349/modules-pour-l-accompagnement-personnalise.html