Français : Pour analyser la nature des erreurs

(actualisé le )

Elles portent généralement, pour les élèves en grandes difficultés, encore plus sur la forme que sur le fond. Pour les aider dans leur réécriture, il est important de distinguer les erreurs relatives à :

- La relation phonème/graphème.

Le jeune écrit encore phonétiquement et n’a pas toujours conscience qu’un même son en français peut s’écrire différemment. Il faudra donc revenir avec lui sur leur retranscription. On vérifiera aussi si ses confusions phonétiques ne sont pas dues à ses origines linguistiques.

- L’orthographe lexicale.

Seule, la lecture et encore la lecture pourra y remédier. Toutefois, le professeur, à chaque fois qu’il rencontre un mot qu’il sait difficile pour ses élèves, l’écrit au tableau, analyse sa construction, construit sa famille de mots. C’est aussi par petites touches, fréquentes et répétées, que s’installent certains apprentissages.

- Les confusions homophoniques lexicales (ex. mère et mer) ou grammaticales (ex. ou et où).

Elles sont aussi sources de nombreuses erreurs et les seuls exercices mécaniques ne peuvent les résoudre. Ils permettent toutefois de renforcer la vigilance orthographique.

- Les accords grammaticaux.

Les élèves doivent prendre conscience que, selon la nature du mot, les marques de genre et de nombre sont différentes. A partir d’un corpus d’énoncés, le professeur, de manière inductive, fera construire la règle. Il l’appliquera à divers exercices… Mais il ne pourra s’assurer que la règle est réellement acquise, que lorsque les jeunes, en autonomie, sauront les utiliser.

- Les temps verbaux et leurs conjugaisons.

C’est probablement un des aspects les plus difficiles et il faudra laisser le temps au temps. En revanche, il est inutile de donner des tableaux de conjugaison, souvent très complexes, si les jeunes n’ont pas encore perçu, que selon l’époque où l’on se situe, les désinences des verbes et leur forme (simple ou composée) se modifient.

- La ponctuation et la syntaxe.

Ces deux points ne peuvent être traités séparément et méritent qu’on s’y attache longuement par des exercices d’observation, de transformation, de création… Si une bonne orthographe lexicale s’acquiert par imprégnation, une syntaxe correcte demande des séances d’observation réfléchie sur le système de la langue française.

Pour conclure, il faut donc « oser » aussi faire des séances d’étude de la langue, sachant que, toutefois, les difficultés ne seront pas réellement levées par des exercices mécaniques que les élèves, par ailleurs, réussissent. C’est dans leurs productions qu’on mesurera, avec le temps, les progrès accomplis.